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Critique musicale: la Cinquième Symphonie de Beethoven (1er mouvement)

La critique sera abordée ici de deux façons. Dans un premier temps, l’écoute d’une première interprétation du premier mouvement de la célèbre Cinquième Symphonie de Beethoven (enregistrement de février 2003, sous la direction de Pinchas Zukerman) sera proposée. Certains éléments d’écoute et d’analyse en seront dégagés. Dans un deuxième temps, cette version sera comparée à une version enregistrée en 1983, alors que l’orchestre était placé sous la direction de Franco Mannino.

La Cinquième Symphonie est certainement, de toutes les œuvres du compositeur, celle qui est la plus connue, la plus jouée et la plus enregistrée. La création a eu lieu le 22 décembre 1808 à Vienne, sous la direction du compositeur lui-même, déjà atteint de surdité, lors d’un programme de concert de quatre heures qui comprenait aussi la Sixième Symphonie, « Pastorale », le Quatrième Concerto pour piano (joué par Beethoven lui-même), la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre et des œuvres chantées. La première audition n’a pas convaincu le public, en partie parce que les musiciens n’auraient pas été à la hauteur. Un mois plus tard, elle a été reprise à Leipzig et accueillie avec enthousiasme.

Quand elle fut jouée à Paris en 1828, le critique François-Joseph Fétis a écrit dans la Revue musicale : « Une telle création se situe au-dessus de la musique, ce ne sont plus des flûtes, des cors, des violons et des contrebasses que l’on entend, c’est le monde, l’univers qui s’ébranle ». Pour l’auteur E.T.A. Hoffmann, la symphonie « exprime à un haut degré le romantisme dans la musique, le romantisme qui révèle l’infini ». Le poète et dramaturge Johann Wolfgang Goëthe se serait exclamé : « C’est très grand, c’est absolument fou! On aurait peur que la maison s’écroule ». Hector Berlioz, compositeur mais aussi critique, a quant à lui écrit dans la Gazette musicale : « L’auditoire, dans un moment de vertige, a couvert l’orchestre de ses cris… Un spasme nerveux agitait toute la salle ». Le compositeur André Jolivet affirmait quant à lui que ce premier mouvement était « une des plus incontestables réussites de la musique de tous les temps ». Et toi, qu’aurais-tu écrit?

 

Écoute de la première version

La tonalité, do mineur, assez peu utilisée à cette époque, donne à l’œuvre un sentiment de drame ou de tragédie au mouvement. Trouves-tu que cet élément ressort bien de cette interprétation?

Le célèbre motif rythmique du premier mouvement, que tout le monde reconnaît immédiatement – et qui aurait représenté « le destin frappant à la porte » selon les dires de Beethoven – sert de matériel de base non seulement à tout le mouvement mais se retrouve dans toute la symphonie. Dès le début, ce motif est repris deux fois, mais non de façon identique. (La deuxième fois, la dernière note est plus longue et le tout est repris un ton plus bas.) Le motif rebondit ensuite à travers les cordes, avant d’être joué par tout l’orchestre. Quel caractère transmet-il dans cette interprétation? Urgence, majesté, danse, légèreté, lourdeur, ennui ou autre émotion?

Il est interrompu par un appel des cors (47 sec), qui annonce le deuxième motif, plus lyrique. Entends-tu bien la différence d’intention entre les deux motifs? Les musiciens établissent-ils clairement le contraste entre les deux?

Le premier mouvement est particulièrement bien équilibré dans sa structure. L’exposition comprend 124 mesures (avec reprise obligatoire, cela devient 248 mesures). Le développement (qui débute à 3 min 2 sec), entièrement construit sur le célèbre motif, en compte 123. La récapitulation (qui débute à 4 min 34), interrompue par une accalmie soudaine, un solo de hautbois (à 4 min 45), est de 126 mesures et la coda (qui débute à 6 min 5 sec) de 129 mesures. Perçois-tu cet équilibre à l’écoute ou as-tu l’impression que la structure manque de cohésion?

On remarque trois façons d’aborder ce mouvement : avec majesté ou solennité, avec une fougue plutôt contrôlée et à un tempo très rapide. Quel choix interprétatif a fait ici maestro Zukerman? Trouves-tu son choix convaincant ou aurais-tu préféré entendre le mouvement plus lent ou plus rapide?

Écris une critique de cette interprétation s’appuyant sur certains des éléments soulevés ici. Présente aussi ton appréciation générale. Le lecteur veut savoir si cela vaut la peine de découvrir l’œuvre, ce qu’il en retirera. Convainc-le de ton point de vue en utilisant des termes clairs mais imagés.

Deuxième version

Maintenant que tu connais bien le mouvement et la première interprétation, écoute maintenant celle enregistrée en 1983 par l’Orchestre du CNA. Sont-elle identiques? Par exemple, cette deuxième version est légèrement plus rapide que la première. Quel choix te semble plus intéressant?

Au niveau du jeu des instrumentistes, notes-tu des différences? (jeu plus clair dans un cas que dans l’autre, cuivres plus ou moins précis, équilibre entre les différents plans sonores, ampleur des contrastes, etc.)

Si tu avais à recommander une de ces deux versions à un ami, laquelle choisirais-tu? Tu pourrais aussi expliquer que tu aimes mieux certains éléments d’une interprétation et certains de l’autre : tempo, équilibre, sonorité générale, qualité de l’enregistrement lui-même, justesse, contrastes de nuances, présence plus marquée de certaines voix intérieures, etc.