Plans de leçons

Wolfgang Amadeus Mozart
Photographie d’une lettre écrite par Mozart
Photographie de la signature de Mozart

Activités : Mozart et ses lettres

Écrire comme Mozart

Pendant sa vie extrêmement créative, Mozart aura composé quelque 626 œuvres. Ardent au travail, il a néanmoins pris le temps de s’adonner à la rédaction de plus de 1200 lettres.On y retrouve aussi bien des informations sur les œuvres qu’il compose que des descriptions savoureuses de concerts auxquels il a assisté ou des précisions sur les réactions du public à ses œuvres. Il aimait aussi beaucoup raconter des menus détails qui ponctuaient son quotidien. On compte de nombreuses lettres d’amour à son épouse Constanze, à son père Leopold, à Joseph Haydn, compositeur et ami. Ces écrits révèlent un visage méconnu d’un être extraordinaire qui nous amuse souvent, nous surprend parfois et nous émeut à chaque fois.


Sur son quotidien

Vienne ce 13 février 1782

Ma très chère sœur !

[...] J’ai déjà décrit à mon père, récemment, l’emploi de mon temps, et je vais le répéter pour toi. À 6 heures du matin, je suis toujours coiffé, à 7 heures, complètement habillé. Alors je compose jusqu’à 9 heures. De 9 heures à 1 heure, j’ai mes leçons. Ensuite je mange, quand je ne suis pas invité, là où l’on mange à 2 ou 3 heures, comme aujourd’hui et demain chez la Comtesse Zichy et la Comtesse Thun. Avant 5 ou 6 heures du soir, je ne peux travailler – et souvent j’en suis empêché par une académie ; sinon, je compose jusqu’à 9 heures. Ensuite je me rends chez ma chère Constanze – mais où le plaisir de nous voir nous est plus d’une fois gâché par les propos aigres de sa mère – ce que j’expliquerai à mon père dans ma prochaine lettre – d’où le désir que j’éprouve de pouvoir la délivrer et sauver le plus tôt possible. À 10 heures et demie ou 11 heures, je rentre chez moi ; cela dépend de l’humeur de sa mère, ou de ma capacité à la supporter. Comme je ne puis être sûr de composer le soir, du fait des académies qui peuvent intervenir ou de l’incertitude où je suis d’être appelé ici ou là, j’ai coutume (surtout quand je rentre tôt) de composer encore un peu avant de dormir – et souvent j’y reste plongé jusqu’à 1 heure – et je me lève à 6 heures. Très chère sœur ! Si tu crois que je pourrais jamais vous oublier, mon très cher et excellent père et toi, je – mais silence ! Dieu le sait, et cela suffit à me tranquilliser ; qu’il me châtie, si j’en étais capable !

Adieu ! 

Je suis à jamais

Sincèrement ton frère

W. A. Mozart

P.-S. : De mon très cher père, s’il est déjà à Salzbourg, je baise 1000 fois les mains.

 

 À Constance, aux bains de Baden

Vienne, mercredi 6 juillet 1791

Très chère, excellente petite femme ! C’est avec un indescriptible plaisir que j’ai reçu la nouvelle du reçu certain de l’argent... Je ne puis me rappeler, cependant, t’avoir écrit « tout » employer en règlement de comptes. Comment donc l’aurai-je écrit, si je suis une créature raisonnable ? Si je l’ai fait, il faut que j’aie été bien distrait ! Et c’est, du reste, très possible, tant j’ai de choses importantes en tête. Mon idée s’appliquait, seulement, aux bains, le reste est pour ton usage quotidien, ce que qui restera encore à payer, comme j’en ai déjà fait le compte, je le règlerai moi-même a mon arrivée... C’est une vie pas agréable du tout ! Patience ! Cela s’améliorera... et je me reposerai alors dans tes bras ! [...] Maintenant, tu ne peux me faire un plus grand plaisir qu’en étant contente et gaie...; car si seulement je sais avec certitude que rien ne te manque, toute ma peine m’est chère et agréable... Oui, la plus fâcheuse embrouillée situation où je puisse jamais me trouver me semblera bagatelle si je sais seulement que « tu es contente et gaie ».

Et à présent, porte-toi vraiment bien !

[...] Trois bécots, doux comme sucre, s’envolent d’ici !

Mozart

 

À l’abbé Bullinger, son meilleur ami de Salzbourg, après la mort de sa mère (juillet 1778)

Très cher ami,

Pour vous tout seul,

Pleurez avec moi, mon ami! Ce fut le jour le plus triste de ma vie. Il faut encore que je vous le dise : ma mère, ma chère maman n’est plus ! Dieu l’a rappelée à lui. Il voulait l’avoir, je le voyais clairement, et c’est pourquoi je me suis remis à la volonté de Dieu. Il me l’avait donnée, il pouvait aussi la prendre. Imaginez l’inquiétude, l’angoisse et les soucis que j’ai endurés pendant ces quinze jours. Elle est morte sans s’en rendre compte, s’est éteinte comme une lumière. Je vous vous prie, très cher ami, conservez-moi mon père, donnez-lui du courage pour qu’il ne prenne pas la nouvelle trop douloureusement ni tragiquement lorsqu’il l’apprendra. Je vous recommande également de tout cœur ma sœur. Allez tout de suite les voir, je vous en prie, ne leur dites pas encore qu’elle est morte, mais préparez-les à l’apprendre. Faites ce que vous voulez, utilisez tous les moyens, veillez seulement à ce que je puisse être rassuré et que je ne doive pas m’attendre encore à un autre malheur. Préservez-moi mon cher père et ma chère sœur. Donnez-moi tout de suite votre réponse, je vous prie 

 

En classe... 

Activité 1 (pour tous niveaux):

Concerto no 21 en do majeur, K. 467 (2e mouvement)

Mozart est surchargé de travail quand il écrit l’œuvre. Concerts privés, par souscription, académies musicales : le public réclame du nouveau répertoire pour chaque événement. Leopold, venu visiter son fils à Vienne (ce sera la dernière fois que Wolfgang le verra vivant), participe en spectateur au tourbillon de concerts et relate avec fierté les accomplissements du fils. « M. Haydn m’a dit : “Je vous le dis devant Dieu et toute honnêteté, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom : il a du goût et, de surcroît, la plus grande science de la composition” », écrit un père comblé à sa fille Nannerl le 16 février 1785.

Le deuxième mouvement, l’un des plus connus du répertoire, a longtemps valu au concerto le surnom d’« Elvira Madigan », titre d’un film suédois datant de 1967 qui reprenait le mouvement lors d’une des scènes romantiques du film. La tendresse et la sérénité qui se dégage du thème énoncé d’abord par les violons puis par le piano nous propulse d’un bond dans un autre univers, où on croirait le temps presque suspendu.

 

Activité 2 (pour tous niveaux):

Symphonie no 29 en la majeur, K. 201 (1er mouvement)

La symphonie en quelques points :