Concerto pour flûte et harpe en do majeur, K. 299
Wolfgang Amadeus Mozart : Né à Salzbourg, le 27 janvier 1756, décédé à Vienne, le 5 décembre 1791
Au mois de septembre 1777, Mozart quitta son poste à la cour de Salzbourg pour entreprendre en compagnie de sa mère un long périple à Mannheim et Paris, en quête d'un travail plus lucratif et plus prestigieux. Son voyage était voué à l'échec, mais c'est à cette époque-là qu'il reçut des commandes pour écrire la plupart de ses œuvres majeures pour flûte solo, dont son Concerto pour flûte et harpe. Cette œuvre fut composée au printemps 1778 pour le duc de Guines, un diplomate flûtiste et amateur de musique, apparenté à Marie-Antoinette, et pour sa fille harpiste. Mozart écrivit dans une lettre à son père que le Duc «jouait de la flûte avec un talent incomparable» et que le jeu de sa fille à la harpe était «magnifique».
Cette œuvre fait appel non seulement à un, mais à deux instruments solos que le compositeur n'aimait censément pas. Pourtant, rien ne laisse deviner une quelconque antipathie dans cette musique galante, absolument ravissante. Ce concerto léger et charmant est presque dépourvu d'effets dissonants et de complexités contrapuntiques, mais il offre un riche étalage d'idées mélodiques. En plus des deux thèmes de base déjà joués par l'orchestre dans l'ouverture, les solistes présentent dans le premier mouvement deux thèmes nouveaux, ce qui en fait quatre au total. L'andantino recèle également quatre thèmes distincts, alors que le rondo contient trois idées dans le refrain orchestral d'ouverture, quatre autres dans la partie suivante et cinq pour les solistes. Alec Hyatt King qualifie ce concerto de «vivant, animé d'un esprit de libération et d'optimisme... Il s'agit d'une œuvre sous-estimée car, bien qu'elle n'ait certes pas une grande profondeur, elle n'est absolument pas superficielle. Elle déborde d'émotions poétiques délicates et montre avec quelle maîtrise Mozart pouvait relever le défi que présentait une combinaison exceptionnelle d'instruments. La texture en est plutôt limpide et chatoyante, le compositeur y offrant un flot de mélodies merveilleuses, enfilées comme des perles brillantes sur le fil de son invention.»
Robert Markow
Concerto pour flûte et harpe en do majeur, K. 299
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