Symphonie n° 2

Clermont Pépin : Né à Saint-Georges-de-Beauce (Québec), le 15 mai 1926; décédé à Montréal, le 2 septembre 2006

Clermont Pépin a composé sa Deuxième symphonie au cours du deuxième semestre de l'année 1957 et a assisté à sa création le 22 décembre par l'ensemble dédicataire, l'Orchestre des Petites symphonies de Montréal, placé sous la direction de Roland Leduc. Le compositeur écrit :

« La forme générale diffère de la forme classique. Au lieu d’un premier allegro conventionnel, c’est une toccata qui ouvre la symphonie, le mot toccata étant interprété au sens large pour souligner le caractère percussif du premier mouvement. La deuxième partie est un choral dont le caractère à la fois douloureux et serein contraste avec le premier mouvement, qui est d’allure nerveuse. Enfin, la dernière partie est une fugue de style atonal. Le sujet de la fugue est constamment métamorphosé. »

Il est intéressant de noter que, malgré l'allure résolument moderne (pour 1957) de cette symphonie, les trois mouvements portent des titres de genres musicaux courants à l'époque baroque (de la fin du XVIIe au début du XVIIIe siècle). La toccata du premier mouvement se manifeste dans la pulsation régulière et rapide des croches (à compter de la septième mesure) qui se déplacent inexorablement dans tout l'orchestre, passant souvent d'une section ou d’un registre à l'autre. Pépin prend certaines libertés avec la toccata, puisqu'il y introduit des passages où il abandonne temporairement le rythme régulier des croches et superpose, de façon plutôt inhabituelle, des lignes lyriques qui chevauchent l'élément rythmique de la toccata. Le terme « choral » est utilisé avec la même liberté. Les sections d'ouverture et de clôture ont une certaine parenté avec les chorals qu'écrivait Bach, non pas sur le plan de la pratique harmonique, mais dans le sens que toutes les lignes suivent le même schéma métrique lent et solennel. De temps à autre, comme dans le mouvement de la toccata, Pépin superpose un élément lyrique sur le matériau du choral. Au début, c'est un violon solo, vers la fin une clarinette, puis une flûte. Des trois mouvements, c'est le dernier, en forme de fugue, qui suit de plus près le modèle baroque. Pourtant, ici également, Pépin introduit un élément caractéristique du XXe siècle : un long épisode réservé à la percussion. À l'orchestre classique composé simplement de paires d'instruments à vent en plus des cordes, Pépin a ajouté suffisamment d'instruments de percussion pour créer tout un épisode fugué qui fait plus ou moins pendant à ce que l'orchestre complet a présenté jusque-là : 5 wood-blocks, 5 temple-blocks, 2 bongos, 2 tom-toms, 1 gong, 1 triangle, des cymbales, 1 cymbale chinoise, 1 cloche, 1 tambourin, 1 caisse claire, 1 tambour de marche,1 grosse caisse, 5 timbales,1 xylophone et 1 marimba.

Robert Markow