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Ludwig van Beethoven

Sa vie

Ludwig van Beethoven naît en décembre 1770. C'est un jeune garçon sérieux, fasciné par la musique.

À cette époque, Vienne est la capitale culturelle de l'Europe. Ludwig a 17 ans lorsqu'il se rend dans cette ville pour la première fois. Il étudie la musique classique avec Franz Joseph Haydn. Pendant son séjour à Vienne, Beethoven a l'occasion de jouer du piano pour Mozart. Après l'avoir écouté, Mozart lui dit : « Vous ferez votre marque dans le monde ».

Cette année là, la mère et la jeune sœur de Ludwig meurent toutes les deux et son père perd son emploi. Il retourne à Bonn, où il fait vivre sa famille pendant cinq ans, jusqu'à la mort de son père. Puis, il ramène son tempérament fougueux à Vienne, où il s'installe pour de bon.

C'est un jeune homme négligé, maladroit, effronté et très, très sûr de lui. Ludwig gagne facilement sa vie en tant que musicien et compositeur. Il est tantôt grossier et violent, tantôt bon et généreux. Il lance de la nourriture trop chaude à un serveur. Il frappe un enfant de chour. Il jette par terre un chandelier qui se trouvait sur le piano durant un récital qui ne lui plaît pas. Le caractère colérique de Ludwig van Beethoven lui cause bien des problèmes lorsqu'il tente d'obtenir la garde de son neveu. Pour échapper aux disputes, le neveu essaie même de s'enlever la vie. Mais Beethoven a bon cour et il aide à recueillir de l'argent pour le seul enfant de Jean-Sébastien Bach qui est encore vivant et qui vit dans la pauvreté. Il fait don de nouvelles œuvres pour un concert bénéfice au profit des Ursulines.

Ludwig van Beethoven a 25 ans lorsqu'il donne son premier récital de virtuose au piano. Il doit interpréter une de ses œuvres, le Deuxième Concerto pour piano. Deux jours avant le concert, l'œuvre n'est pas encore terminée. Il tombe malade, pris de violents maux d'estomac. Un ami lui administre des médicaments pendant qu'il compose la musique. Les copistes (les gens qui copient la musique pour les musiciens de l'orchestre) attendent dehors, à la porte de sa chambre, qu'il leur remette les feuilles une à une.

Beethoven semble souvent travailler jusqu'à la dernière minute. Le matin de la première de son oratorio Le Christ au mont des Oliviers, un de ses amis le trouve au lit en train de composer la partition du trombone. Les joueurs de trombone ne peuvent répéter qu'à partir de huit heures ce matin-là, à même les partitions manuscrites de Beethoven. L'encre n'est même pas encore sèche.

Les amis de Beethoven

Malgré son caractère difficile, Beethoven se fait facilement des amis. La merveilleuse musique qu'il compose lui vaut respect et admiration.

Pendant une brève période, Franz Joseph Haydn lui donne des leçons de piano. Leur relation maître-élève ne donne pas de bons résultats, mais ils deviennent bons amis.

Antonio Salieri est le rival de Mozart et l'ami de Beethoven. Ludwig lui dédie trois sonates pour violon. (Saviez-vous que selon la légende, Antonio Salieri aurait empoisonné Mozart?)

Beethoven habite pendant quelque temps dans la résidence du prince Lichnowsky. Le prince Lichnowsky est un musicien qui étudie et interprète les nouvelles sonates pour piano de Ludwig. C'est lui qui paie la publication de l'opus 1 de Beethoven.

Johann Nepomuk Malzel, le « mécanicien de la Cour », fait également partie du cercle d'amis de Ludwig. Malzel est l'inventeur du chronomètre musical, l'ancêtre du métronome. (Un métronome est un appareil qui bat la mesure pour aider le musicien à suivre le temps.) Beethoven adore le nouveau chronomètre musical, à tel point qu'il compose un petit canon sur les mots : « Ta ta ta lieber lieber Malzel. »

Beethoven est très populaire auprès des dames. Il ne se mariera jamais, mais il dédie certaines de ses œuvres aux femmes de sa vie, comme Sonate Clair de lune et La Lettre à Élise, par exemple.

" ... Il n'y a qu'un Beethoven. "

Aux yeux de Ludwig van Beethoven, le respect revêt encore plus d'importance que l'amitié. Le rang qu'occupe une personne dans la société n'a pas d'importance pour lui.

À l'époque, les compositeurs et les musiciens sont considérés comme des serviteurs de la noblesse. Avec son caractère farouchement indépendant, Beethoven remet en question ce mode de pensée. Il affirme : « C'est très bien de fréquenter les aristocrates, mais à condition qu'ils montrent du respect. »

Voici deux anecdotes qui témoignent bien de la force des convictions de Ludwig.

À l'un de ses concerts, il entend un noble adresser la parole à son voisin.
Il cesse aussitôt de jouer en s'écriant :
« Je refuse de jouer pour des rustres! » Une autre fois, il dit ceci à un prince et mécène :
« Vous devez votre rang à votre naissance.
Je dois le mien à mon travail.
Il y a toujours eu et il y a encore des milliers de princes.
Mais il n'y a qu'un Beethoven. »

Certes, Ludwig manque de tact, mais il exprime là une vérité fondamentale.

    Vous aussi, vous êtes uniques. Que faites-vous de votre vie?

Le destin tragique de Beethoven

À 28 ans seulement, avant d'entreprendre la composition de sa première symphonie, Beethoven commence à perdre l'ouïe. Il essaie tous les traitements possibles pour remédier à son infirmité. Parfois, il entend parfaitement. Durant les dix dernières années de sa vie, il est totalement sourd. Beethoven n'accepte pas sa surdité. Il devient triste et aigri.

Il continue pourtant de diriger les répétitions et de jouer du piano jusqu'à l'âge de 44 ans. On croit qu'il « entend » la musique en ressentant ses vibrations. En fait, il connaît si bien sa musique qu'il peut probablement l'entendre dans sa tête.

Plus Ludwig vieillit, plus sa musique l'absorbe. Il en devient obsédé au point de ne plus se soucier de son apparence physique. Il se contente de rapides ablutions au lieu de se laver. Dans son appartement, il a quatre pianos qui n'ont plus de pieds et des piles de manuscrits que personne n'a le droit de toucher. Pour mieux ressentir les vibrations, Beethoven compose assis par terre devant un piano sans pieds. Il travaille souvent en sous-vêtements ou même nu. Si ses amis viennent le visiter pendant qu'il compose, il les ignore complètement.

Beethoven, les droits de la personne et les arts

Durant la période classique, la pratique des arts est une discipline sobre et rationnelle. Les arts eux-mêmes sont très formels, assujettis à des structures et à des formes établies.

Ludwig van Beethoven vit à l'époque de la Révolution française et des guerres napoléoniennes. C'est un temps de grands bouleversements sociaux et politiques en Europe et dans le reste du monde. Sa musique reflète tous ces changements.

Son opéra Fidelio, qui se déroule en Espagne, relate l'histoire d'un noble emprisonné injustement pour avoir menacé de révéler les crimes d'un politicien.

Vous souvenez-vous de la raison pour laquelle Beethoven s'est installé à Vienne la première fois? Il est allé étudier la musique classique auprès d'un grand compositeur, Haydn, n'est-ce pas?

Ce dernier a appris à Beethoven ce dont il avait besoin pour créer un son tout à fait nouveau. Ce son est empreint d'émotion et d'énergie, intense et révolutionnaire. Il amplifie les règles et fait vibrer tous les sens. Ces innovations dans les arts marquent le début du Romantisme.

La plupart des œuvres associées à la période romantique ont une sonorité douce et légère, presque comme des chansons. La Romance no1 pour violon en sol, opus 40, et la Romance no2 pour violon en fa, opus 50, sont de bons exemples de ce type de musique. La Sonate Clair de lune compte parmi les œuvres les plus populaires de Beethoven. En fait, c'est la deuxième des deux sonates qui forment l'opus 27. Elle a été ainsi nommée après la mort de Beethoven par le poète Ludwig Rellstab.

Les symphonies romantiques de Beethoven repoussent toutes les limites de la musique classique de l'époque. Elles deviennent d'immenses fresques épiques et passionnées. Plutôt que de s'en tenir aux trois mouvements de la symphonie classique, qui ne durent que de dix à douze minutes chacun, Ludwig innove en composant des œuvres plus audacieuses, avec plus d'instruments, qui provoquent plus d'émotion et qui durent plus longtemps. Sa Troisième Symphonie dure cinquante minutes environ. La Neuvième dure bien plus d'une heure. Beethoven éprouve le besoin de faire toujours mieux et toujours plus grand.

Ses symphonies sont des chefs-d'oeuvre! Un jour, écoutez les symphonies no 3, 5, 6 et 9.

Toutes les compositions de Beethoven offrent quelque chose de nouveau, de sensationnel ou d'inusité.

La Symphonie no 3 (Héroïque)

Beethoven dédie d'abord l'Héroïque à Napoléon Bonaparte, premier consul de France. Il voit en Napoléon tout ce qu'il y a de bon en l'être humain. Mais Napoléon est un jeune homme audacieux.

En mai 1804, Napoléon se proclame empereur de France. Lorsqu'il apprend la nouvelle, Beethoven se met en rage contre Napoléon. Il se précipite vers la table où se trouve sa symphonie et en arrache la page couverture en s'écriant :

    « N'est-il donc, lui aussi, rien de plus qu'un homme ordinaire? Maintenant, il va, lui aussi, fouler aux pieds tous les droits de l'homme pour n'obéir qu'à ses ambitions. Il s'élèvera au-dessus de tous les autres et deviendra un tyran. »
Après s'être calmé, Beethoven donne un nouveau titre à son œuvre, qui s'appellera désormais « Symphonie héroïque, composée pour célébrer le souvenir d'un grand homme ».

Cette symphonie n'était donc plus dédiée « à » un grand homme mais bien « au souvenir » d'un grand homme.

Elle célèbre l'espoir pour la liberté, l'égalité et la fraternité.

La Victoire de Wellington

La Victoire de Wellington est parfois appelée la Symphonie de la Bataille, mais il ne s'agit pas vraiment d'une symphonie. Cette œuvre est constituée d'un seul court mouvement pour orchestre. Elle est ponctuée d'effets spéciaux qui imitent les bruits que l'on pourrait entendre sur un champ de bataille. Beethoven compose La Victoire de Wellington pour un concert bénéfice qui est donné à Vienne au profit des soldats blessés. Wellington était un officier britannique. Son triomphe durant la guerre d'Espagne contribue à la défaite de Napoléon.

La Symphonie no 5

La Symphonie no 5 est la symphonie la plus populaire de Beethoven.

Beethoven crée simplement un motif de quatre notes pour former une mélodie qui fait le tour du monde. L'effet d'énergie qui se dégage de ces notes répétées (ta-ta-ta-taaa!) est inoubliable!

Le Concerto pour violon

Beethoven ne compose qu'un seul concerto pour violon. Il l'écrit pour le violoniste Franz Clement, soliste virtuose. Cette œuvre est, de nos jours encore, considérée comme le plus merveilleux concerto qui soit, tous instruments confondus.

La Symphonie no 9

Dans cette œuvre magistrale, Beethoven marie le chant choral, le chant solo et l'orchestre. Il est le premier compositeur à l'avoir fait. Pour les paroles, il emprunte et modifie une partie de l'Hymne à la joie de Friedrich Schiller. Les mots et la musique sont un appel à la paix, à la joie et à la fraternité. La Neuvième Symphonie de Beethoven témoigne d'une aspiration encore présente de nos jours. Elle est interprétée au cours des protestations qui se déroulent Place Tiananmen, en 1989, et lors de l'effondrement du Mur de Berlin, en 1990.

Le thème principal se fait entendre dans le dernier mouvement, celui où le choeur chante. Il est connu presque universellement dans le monde occidental. Il semble si simple, et pourtant Beethoven en compose près de 20 versions avant de trouver celle qui lui convient. Il change une note ici, en répète une là, en allonge une autre. Il ne s'arrête que lorsque la mélodie lui semble parfaite.

La création est toujours une œuvre de labeur, mais elle peut aussi être source de réconfort.

La Symphonie no 6 (Pastorale)

Tout l'amour que Beethoven voue à la campagne se retrouve dans cette symphonie. Sa vie personnelle est alors marquée par des bouleversements, des relations orageuses et la surdité qui l'envahit. Ce n'est que dans les bois de la banlieue de Vienne qu'il trouve le calme et la paix.

    « Je suis tellement heureux lorsque je me promène dans les bois, parmi les arbres, les fleurs et les rochers. Personne n'aime la campagne autant que moi. Ici, la surdité ne me préoccupe plus. »

Dans cette symphonie, on peut entendre un des orages les plus célèbres du répertoire de la musique classique. On entend d'abord quelques gouttes de pluie, puis le vent se lève et, tout à coup, c'est le déluge! La pluie tombe à torrents, le vent se déchaîne et le tonnerre claque. Ce mouvement enivrant utilise des trombones, un piccolo strident et des timbales retentissantes.

Saviez-vous que Beethoven n'utilisait pas souvent les trombones? Mais ils occupent une place importante dans cette symphonie et dans la Neuvième Symphonie.

La Symphonie no 9 en ré mineur, opus 125

Au moment de la première exécution de la Neuvième Symphonie, qui a lieu à Vienne en 1824, Beethoven est complètement sourd. Mais il insiste quand même pour diriger l'orchestre. Et il continue de diriger même après que la musique s'est arrêtée. Il n'entend pas que l'orchestre a cessé de jouer. Une des soprani lui fait signe, en tirant sur sa manche, de se tourner vers le public qui applaudit.

Il n'est pas rare que l'on soit ému jusqu'aux larmes en écoutant la musique de Beethoven. Ce à quoi il répond : « Les compositeurs ne pleurent pas. Les compositeurs sont des êtres de feu. »

Les dernières paroles de Beethoven

À 56 ans, un jour qu'il revient de chez son frère à bord d'une calèche découverte, Beethoven attrape une pneumonie dont il ne se remettra jamais complètement.

À la fin de l'après-midi, le 26 mars 1827, Ludwig, malade, est couché. À l'extérieur, un orage se prépare. Le ciel s'obscurcit. Un éclair illumine sa chambre et un grand coup de tonnerre se fait entendre. Beethoven œuvre les yeux, lève le bras et rend l'âme.

Les funérailles de Ludwig van Beethoven sont grandioses. Vingt mille personnes défilent dans les rues de Vienne le 29 mars 1827. On doit appeler des soldats pour maîtriser la foule accablée de douleur. Neuf prêtres bénissent sa dépouille. Sa tombe est marquée d'une simple pyramide sur laquelle est gravé un seul mot : "Beethoven" Sa dépouille repose maintenant au Cimetière central de Vienne, aux côtés de celle du compositeur autrichien Franz Schubert.

Ses dernières paroles ont été : « Au Ciel, j'entendrai. »

Écoutez le Première Symphonie en do majeur, opus 21 de Beethoven, joué par l'Orchestre du Centre national des Arts.