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Auteurs contemporains

Heiner Müller | Thomas Bernhard | Botho Strauss | Lars Norén | Howard Barker |
David Mamet
| Bernard-Marie Koltès | Jon Fosse | Sarah Kane | Martin Crimp

Heiner Müller (1929-1995)

Heiner Müller

Heiner Müller avait quatre ans quand il vit son père arrêté par les nazis. Témoin des bouleversements de l'Allemagne, du fascisme hitlérien en passant par la division provoquée par le régime communiste jusqu'à sa réunification, il a œuvré à la fois comme auteur et metteur en scène. Sur les ruines de l'après guerre, il procède à un travail d'enquête pour écrire ses premières pièces, des textes critiques sur la situation sociale et économique de son pays. L'année où est érigé le mur de Berlin – 1961 –, on interdit sa pièce L'Émigrante et il est exclu de l'Union des écrivains. S'affranchissant du contexte dans lequel il vit, il utilise des textes de Sophocle, Euripide ou Shakespeare pour mettre en perspective les vivants et les morts, la mémoire et l'oubli. Sa réécriture de Macbeth provoque une polémique et on lui reproche son « pessimisme historique ». Ses œuvres imbriquent des citations dans une représentation sans tabous avec une esthétique qui a inspiré des metteurs en scène tels Bob Wilson, Anatoli Vassiliev ou Gilles Maheu. À l'image d'une Allemagne qui a connu des ères radicalement différentes en peu de temps, l'écriture de Müller relie présent et passé en une œuvre fragmentée qui reflète l'identité d'un peuple ayant vécu la modernité dans le chaos.

© Yves Dubé
Hamlet-Machine d'Heiner Müller, Carbone 14, 1987. Présents sur la photo : Johanne Madore et Rodrigue Proteau.

Titre : Hamlet-machine

Auteur : Heiner Müller

Production : Carbone 14, 1987

Mise en scène et conception scénographique : Gilles Maheu

Réalisation : Luc Proulx

Costumes : Georges Lévesque

Éclairages : Martin St-Onge.



De Heiner Müller :

  • Hamlet-Machine [1977], éditions de Minuit.
  • Quartett [1980], éditions de Minuit.
  • Rivage à l'abandon/Matériau Médée/Paysage avec argonautes [1982], éditions de Minuit.
  • Germania 3, les Spectres d'un mort-homme [1995], l'Arche.
  • L'Homme qui casse les salaires [1956], Éditions théâtrales.

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Thomas Bernhard (1931-1989)

Thomas Bernhard

Autrichien, Thomas Bernhard passe une enfance marquée par la musique avec un grand-père écrivain dont on retrouvera la figure sympathique dans ses romans autobiographiques. De graves problèmes pulmonaires le forcent à fréquenter les hôpitaux toute sa jeunesse, lui faisant côtoyer la mort, tout comme lors des bombardements qui firent de Salzbourg une tombe à ciel ouvert. Il termine ses études par une dissertation sur Brecht et Artaud qui lui vaut son diplôme du Mozarteum de Salzbourg. Redouté pour les imprécations qu'il profère contre la société viennoise et autrichienne, il provoque plusieurs scandales par le ton virulent de sa critique, constamment présent dans son oeuvre. Malgré une santé précaire, il est l'auteur d'une imposante œuvre théâtrale – dix-huit pièces –, poétique et romanesque marquée par ses rapports amour-haine avec l'Autriche qu'il décrit comme « un cloaque sans esprit ni culture » dans La Place des héros. Cette pièce met en scène une famille juive de retour à Vienne, sans cesse hantée par les clameurs de la foule qui glorifiait Hitler cinquante ans plus tôt sur la Heldenplatz. Même après sa mort, Bernhard manifeste sa détestation pour l'Autriche en y interdisant dans son testament la production de ses pièces.

© Josée Lambert
Maîtres anciens, d'après Thomas Bernhard, coproduction CNA, FTA et Théâtre Ubu, 1995. Présents sur la photo : Gabriel Gascon et Henri Chassé.

Titre : Possibilités

Auteur : Howard Barker

Traduction : Paul Lefebvre

Production : Théâtre de l'Opsis, 1989

Mise en scène : Serge Denoncourt

Décor et accessoires : Louise Campeau

Costumes : Luc J. Béland

Éclairages : Yvon Baril

Bande sonore : Claude Lemelin.


De Thomas Bernhard :

  • Avant la retraite [Von dem Ruhestand, 1979], l'Arche.
  • Emmanuel Kant [Immanuel Kant, 1978], l'Arche.
  • Maîtres anciens : comédie [1985], Gallimard.
  • Le président [Der Präsident, 1975], l'Arche.
  • Place des héros [Heldenplatz, 1989], l'Arche.

Sur Thomas Bernhard :

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Botho Strauss (1944)

© Yves Desrochers
Grand et Petit de Botho Strauss, Théâtre de l'Opsis, 1987. Présents sur la photo : Linda Laplante, Jean Gagnon, Luce Pelletier, Guylaine Normandin, Caroline Rémillard, François Tardif, Pierre-Yves Lemieux, Yves Soutière, Danièle Garneau, Marcel Pomerlo, Annick Bergeron.

Titre : Grand et Petit

Auteur : Botho Strauss

Traduction : Claude Porcell

Production : Théâtre de l'Opsis, 1987

Mise en scène : Serge Denoncourt

Costumes : Guylaine Normandin

Éclairages : Jocelyn Proulx

Scénographie : Serge Denoncourt et Jocelyn Proulx

Bande sonore : Catherine Houle.

Avec Heiner Müller, Botho Strauss est l'auteur dramatique allemand le plus joué en Europe. Il étudie en littérature, en histoire du théâtre et en sociologie avant de devenir critique pour une revue théâtrale. À vingt-six ans, il est engagé comme dramaturge sous la direction de Peter Stein à la Schaübuhne de Berlin où il traduit et adapte Ibsen, Labiche et Gorki. En 1977, la troupe de la Schaübuhne crée La Trilogie du revoir qui connaît un franc succès ; cette œuvre met en présence un groupe d'artistes et d'amateurs d'art qui, au fil d'un vernissage, échangent banalités et propos amers pour finalement révéler leurs vaines alliances et leur isolement. L'œuvre de Botho Strauss renouvelle le réalisme et parle souvent de ruptures sentimentales, d'enfermement et d'incommunicabilité. Ainsi dans Le Temps et la chambre, mis en scène par Patrice Chéreau (1991) et par Serge Denoncourt (1995), le personnage de Marie Steuber se livre à une introspection laissant place à une étrangeté qui nous montre le décalage entre l'individualité moderne et une quête du sens de la vie. Plusieurs de ses pièces ont comme décor Berlin ; l'auteur associe la désolation de cette ville meurtrie à la mélancolie et à la solitude de personnages souvent confus dans leurs sentiments.

De Botho Strauss :

  • Le fou et sa femme, ce soir dans Pancomedia [Der Narr und seine Frau heute adend in Pancomedia, 2001], l'Arche.
  • Les sept portes : bagatelles [Sieben Türen : Bagatellen, 1988], l'Arche.
  • Le temps et la chambre [Die Zeit und das Zimmer, 1988], l'Arche.
  • Trilogie du revoir [Trilogie des Wiedersehens, 1977], Gallimard.
  • Grand et petit [Gross und Klein, 1979], Gallimard.

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Lars Norén (1944)

À dix-neuf ans, Lars Norén publiait son premier recueil de poèmes. Créée en 1973, à la demande du Royal Dramaten de Stockholm, sa première pièce de théâtre, Le Lécheur de souverain, fut un fiasco. Ce n'est qu'en 1982 que cet auteur suédois connaît le succès, avec une pièce empreinte de réminiscences de son enfance. Élevé dans une famille d'hôteliers, entre une mère malade et un père buveur, il a passé sa jeunesse à voir passer des gens de tous pays et de toutes conditions. Une part récente de son œuvre s'intéresse aux marginaux mais auparavant, il a écrit plusieurs drames familiaux. Avec des dialogues agressifs, Lars Norén décrit, dans une exaltation teintée d'un malaise existentiel profond, les relations entre les parents et les enfants avec leurs lots de tyrannie, de révolte et de blessures. Dans un langage où s'exprime l'inconscient, les personnages de Automne et hiver ou de La Veillée, à travers leurs débordements émotifs ne cherchent au fond qu'un peu de repos et de silence après l'affrontement. Considéré comme un successeur émérite d'Ibsen et de Strindberg, cet écrivain à la fois poète, romancier, auteur dramatique et metteur en scène assure la fonction de directeur artistique au Riksteatern de Stockholm.

De Lars Norén :

  • La Force de tuer [Modet at doeda, 1982], l'Arche
  • La Veillée [1983], l'Arche.
  • Automne et hiver [1987], l'Arche.
  • Sang [1994], l'Arche.
  • Catégorie 3.1 [Personkrets 3.1, 1997], l'Arche.

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Howard Barker (1946)

Artiste en marge du théâtre institutionnel anglais, Howard Barker s'exprime par l'écriture, la poésie, la mise en scène, la peinture et la scénarisation. Peu connu dans son propre pays, ses textes dramatiques ont été traduits en six langues et joués dans dix-sept pays aussi divers que le Canada, la Slovénie et la Nouvelle Zélande. Auteur d'une cinquantaine de pièces, ses premières œuvres réalistes ont fait place à des sujets historiques et des textes qui confrontent le spectateur à des personnages faisant fi de considérations morales. Tableau d'une exécution traite des rapports entre l'art et le pouvoir : une femme peintre à qui l'on commande un tableau à la gloire de Venise réalise une fresque sur l'horreur de la guerre. Initiateur du théâtre de la catastrophe, qui explore les limites de la tolérance, il s'adresse à « ceux pour qui la répétition éraillée de platitudes sociales, qu'elles soient de droite ou de gauche, apparaît comme une succession de phrases stériles »*. Son essai Arguments for theatre définit les paramètres de sa pratique théâtrale qu'il dissocie du divertissement Avec des amis comédiens et metteurs en scène, il a fondé the Wrestling School (l'École de lutte), compagnie qui produit exclusivement ses pièces.

* Traduction d'une entrevue parue dans The Guardian, le 22 août 1988.

© François Melillo
Possibilités d'Howard Barker, Théâtre de l'Opsis, 1989. Présents sur la photo : Michel-André Cardin et Pierre-Yves Lemieux

Titre : Possibilités

Auteur : Howard Barker

Traduction : Paul Lefebvre

Production : Théâtre de l'Opsis, 1989

Mise en scène : Serge Denoncourt

Décor et accessoires : Louise Campeau

Costumes : Luc J. Béland

Éclairages : Yvon Baril

Bande sonore : Claude Lemelin.

De Howard Barker :

  • Les Possibilités [The Possibilities, 1988] Éditions théâtrales.
  • Les Sept Lear [Seven Lears, 1988] suivi de Le Théâtre humaniste et le Théâtre de la catastrophe, Lansman.
  • Les Européens [The Europeans, 1990], Lansman
  • Tableau d'une exécution [Scenes from an execution, 1990], Éditions théâtrales.
  • Blessures au visage [Wounds to the face, 1996], Éditions théâtrales.

Sur Howard Barker :

  • Alternatives théâtrales 57, Numéro spécial sur Howard Barker, mai 1998.

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David Mamet (1947)

© Yanick MacDonald
Glengarry Glen Ross de David Mamet, Théâtre du Vieux-Terrebonne, 2003. Présents sur la photo : Michel Daigle et Harry Standjofski.

Titre : Glengarry Glenn Ross

Auteur : David Mamet

Traduction : Pierre Legris

Production : Théâtre du Vieux-Terrebonne, 2003

Mise en scène : Fernand Rainville – Costumes : Marc Senécal

Éclairages : André Rioux

Scénographie et accessoires : Patricia Ruel

Musique originale et conception sonore : Larsen Lupin.

Écrivain américain prolifique, David Mamet exerce les métiers d'auteur dramatique, d'essayiste, de scénariste et de réalisateur en cinéma. Sa maîtrise du dialogue lui permet de rythmer les répliques avec des pensées exprimées à demi-mots, des reprises, des changements d'intention et d'émotion, des phrases rapides et des silences qui laissent place à un humour caustique. Associé au mouvement de théâtre régional dans les années soixante-dix aux États-Unis, il a créé ses premières pièces à Chicago, au Saint-Nicholas Theater dont il est l'un des fondateurs. Influencé à ses débuts par Samuel Beckett et Harold Pinter qui révélaient le drame intérieur à partir de détails ou de gestes quotidiens, il considère maintenant la structure traditionnelle comme son « jouet préféré ». Évoluant dans des environnements limités, ses personnages proviennent de la classe moyenne et de milieux marginaux. Sa pièce American Buffalo a lieu dans une boutique de recel qui symbolise le capitalisme américain ; elle raconte les tractations malhonnêtes d'un numismate qui veut une pièce rare. Quant à Glengarry Glen Ross, elle dépeint le manque d'éthique de quatre agents immobiliers luttant entre eux à coups de duperies et d'arnaques pour gagner une Cadillac et devenir à tout prix le numéro un des vendeurs.

De David Mamet :

  • American Buffalo, [1977], Actes Sud.
  • Glengarry Glen Ross [1984], Actes Sud.
  • Oleanna [1992], Actes Sud.
  • Variations sur le canard (The Duck Variations) [1977] Actes Sud.
  • Notes de restaurant [Writing in Restaurants, 1986], recueil d'essais, Payot.

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Bernard-Marie Koltès (1948-1989)

Considéré comme un des auteurs majeurs du théâtre européen de la fin du vingtième siècle, Bernard-Marie Koltès s'est fait connaître grâce au metteur en scène Patrice Chéreau. À vingt-deux ans, à la fin de ses études en régie à l'École du Théâtre National de Strasbourg, Koltès écrit et met en scène sa première pièce. Sept ans plus tard – en 1970 –, La Nuit juste avant les forêts est créée au « off » du Festival d'Avignon. En 1985, Chéreau met en scène Combat de nègre et de chiens au théâtre des Amandiers. À partir de ce moment, Koltès devient célèbre. Durant sa courte vie, il a parcouru le monde : l'URSS, les États-Unis, le Québec, le Guatemala, le Nigeria et le Sénégal comptent parmi les étapes de son parcours de voyageur. Dans ses œuvres, Koltès présente des démunis ou des déracinés qui expriment, avec une poésie déchirée et une vérité crue, l'ombre de l'humanité. Le langage de cet auteur français rend compte d'une pensée contemporaine traversée par l'éclatement, le mélange des cultures et une logique haletante du désordre, une pulsion de mort qui se heurte constamment à l'instinct de survie et au désir d'immortalité. Mort du SIDA à quarante et un ans, Koltès a laissé une dizaine de pièces.

© André Cornellier
Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès, TNM, 1997. Présents sur la photo : Pierre Collin et Anne-Marie Cadieux.

Titre : Combat de nègre et de chiens

Auteur : Bernard-Marie Koltès

Production : Théâtre du Nouveau Monde, saison 1997-1998

Mise en scène : Brigitte Haentjens

Scénographie : Stéphane Roy

Costumes : Lyse Bédard

Éclairages : Guy Simard

Musique : Michel F. Côté

Accessoires : Lucie Thériault.

De Bernard-Marie Koltès :

  • La Nuit juste avant les forets [1977], Éditions de Minuit.
  • Combat de nègre et de chiens [1979] suivi de Carnets, Éditions de Minuit.
  • Quai Ouest[1986], Éditions de Minuit.
  • Dans la solitude des champs de coton [1987], Éditions de Minuit.
  • Roberto Zucco [1990] suivi de Tabataba, Éditions de Minuit.

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Martin Crimp (1956)

Après des études à Cambridge et une carrière de chercheur en marketing, Martin Crimp voit sa première pièce, Living Memories, créée en 1982. Auteur d'une douzaine d'œuvres, il a adapté la pièce Le Misanthrope de Molière en transposant l'action dans le milieu huppé du movie business américain. Dans un contexte similaire, Le Traitement nous présente deux producteurs s'appropriant l'histoire d'une femme, abusée par son mari, pour en faire de l'art. Crimp prétend que cette œuvre décrit ce que « l'art doit faire à la vie pour qu'elle devienne une ombre d'elle-même* ». Il a adapté en anglais Les Chaises de Ionesco, Les Bonnes de Genêt et traduit Roberto Zucco de Koltès, monté par la Royal Shakespeare Company. Depuis les années quatre-vingt-dix, les pièces de cet auteur anglais se jouent à l'extérieur de son pays ; plusieurs sont disponibles en français comme La Campagne, traduite par le romancier Philippe Djian. Il y est question d'un couple aisé qui a quitté Londres pour vivre à la campagne. Un soir, le mari ramène une jeune femme qu'il a soit disant trouvée étendue au bord de la route. La ritournelle des questions et réponses, chargés de sous-entendus, crée un doute et une tension qui révèlent la duplicité des personnages.

* Citation extraite de la page web http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/crimp/pdgmc.htm

De Martin Crimp :

  • Personne ne voit la vidéo [No one sees the video, 1990], l'Arche.
  • Le Traitement [The Treatment, 1993], Éditions théâtrales.
  • Atteintes à sa vie [Attempts on her life, 1997] l'Arche.
  • La Campagne [The Country, 2000], l'Arche.

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Jon Fosse (1959)

© Pascal Victor
Jon Fosse

N'ayant jamais vraiment désiré écrire pour le théâtre, Jon Fosse était déjà l'auteur d'une vingtaine de livres avant sa première pièce. Depuis que le metteur en scène Kai Johnsen l'a incité à écrire Et jamais nous ne serons séparés, cet écrivain originaire d'une ville portuaire de la côte norvégienne s'est révélé un auteur dramatique apprécié dans plusieurs pays d'Europe : Portugal, Belgique, France, Hollande ou Hongrie. Les personnages des pièces de Fosse sont des gens ordinaires, qui envisagent parfois un changement de lieu ou espèrent un bouleversement dans leur situation. Ils participent à l'atmosphère de notre époque en accomplissent des actions banales, somme toute, sur lesquelles l'auteur procède à des gros plans ou des ralentis, pour utiliser une analogie avec le cinéma. La métaphysique et le drame social s'inscrivent dans l'écriture minimaliste de cet auteur qui explore des thèmes comme l'incommunicabilité et l'aspiration vaine à une nouvelle vie. Dans ses dialogues, les hésitations, les répétitions et le non-dit installent à la fois une musicalité et une ambiance inquiétante. Utilisant un vocabulaire restreint avec des indications scéniques sobres, Fosse cherche à bouleverser le spectateur avec peu de moyens.

© Pascal Victor
Quelqu'un va venir de Jon Fosse, Théâtre Nanterre-Amandiers, France, 2003. Présents sur la photo : Marcial di Fonzo Bo et Valérie Dréville.

Titre : Quelqu'un va venir

Auteur : Jon Fosse

Production : Théâtre Nanterres-Amandiers, 2003

Mise en scène : Claude Régy

Scénographie : Daniel Jeanneteau

Lumières : Dominique Bruguière

Costumes : Ann Williams.

 

De Jon Fosse :

  • Et jamais nous se serons séparés [Og aldri skal vi skiljast, 1994] ; Un jour en été ; Dors mon petit enfant, éditions de l'Arche.
  • Variations sur la mort [Dodsvariasjonar, 2001], l'Arche.
  • Visites [Besøk, 2000], l'Arche.
  • Quelqu'un va venir [Nokon kjem til å komme, 1996] ; Le fils, l'Arche.
  • Le nom [Nammet, 1995] ; L'enfant [Barnet, 1995], l'Arche.

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Sarah Kane (1971-1999)

Sarah Kane

Quelques semaines avant son suicide, Sarah Kane annonçait ses couleurs : « Dire la vérité me tue * ». Élevée dans une famille catholique profondément croyante, elle termine ses études universitaires en art dramatique par la création de sa première pièce, Anéantis (Blasted), au Royal Court de Londres, en 1995. Elle y présente des images provocantes et pose des questions relatives aux atrocités de notre monde souvent barbare : un viol « domestique » commis en Angleterre détruit-il autant que le viol en masse considéré comme arme de guerre? Issue de la classe moyenne, Sarah en connaissait les vicissitudes et, sans doute à cause de ses parents journalistes, elle savait que l'aspect scabreux des faits divers nourrit l'imaginaire des spectateurs. Qualifiée de « mauvaise fille du théâtre britannique », cette écorchée vive préférait risquer une overdose de brutalité au théâtre plutôt que dans la vie. Son œuvre ultime, 4.48 Psychose, a été créée après sa mort. À travers une forme chaotique et des fractures dans ses récits, elle a révolutionné le théâtre contemporain et ses pièces ont été jouées à travers toute l'Europe. L'œuvre de sa courte vie compte cinq pièces qui portent la marque de la cruauté et de l'amour.

* Quart de couverture du livre Le Traitement, Paris : l'Arche, 2002.

© Stefan Okotowicz
Purifiés (Cleansed) de Sarah Kane, coproduction Wroclawski teatr Wspolczesny, Teatr Rozmaitosci, Teatr Polski et Hebbel-Theater, 2003.

Titre : Purifiés (Cleansed)

Auteur : Sarah Kane

Traduction en polonais : Krzysztof Warlikowski et Jacek Poniedzialek

Coproduction : Wroclawski teatr Wspolczesny, Teatr Rozmaitosci, Teatr Polski et Hebbel-Theater, 2003

Mise en scène : Krzysztof Warlikowski

Scénographie : Malgorzata Szczesniak

Musique : Pawel Mykietyn

Lumière : Felice Ross

Chant : Renate Jett

Distribution complète : Mariusz Bonaszewski, Malgorzata Hajewska, Redbad Klyntra, Stanislawa Celinska, Jacek Poniendzialek, Thomas Schweiberer, Tomasz Tyndyk, Renate Jett.

De Sarah Kane :

  • Anéantis [Blasted, 1995], l'Arche.
  • L'Amour de Phèdre [Phaedra's Love, 1996], l'Arche.
  • Purifiés [Cleansed, 1998], l'Arche.
  • Manque [Crave, 1998], l'Arche
  • 4.48 Psychose [4.48 Psychosis, 2000], l'Arche.

Sur Sarah Kane, un site internet (en anglais et espagnol):

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Mentionnons en terminant d'autres auteurs contemporains qui pourraient s'ajouter à ceux que nous vous avons présentés :

Martin MacDonagh, Biljana Srbljanovic, Evgueni Grichkovets, Peter Handke, Naomi Wallace, Oriza Hirata, Marius von Mayenburg, Valère Novarina, Werner Schwab, Jose Sandris Sinisterra, Didier-Georges Gabily, Georg Tabori, Armand Gatti, Sam Shepard, Franz Xaver Kroetz.